La commune de Woluwe-Saint-Pierre a décidé d’intervenir volontairement dans la procédure judiciaire lancée par la Région dans le cadre de la lutte contre le survol et de faire valoir ses griefs

En juin 2016, la commune intervenait dans l’action judiciaire introduite par la Région contre l’État fédéral en vue de faire baisser les nuisances subies par les Bruxellois survolés intensivement et initiait également une procédure judiciaire en son nom propre.

Le jugement du 19 juillet 2017 qui en résulte était favorable à la commune de Woluwe-Saint-Pierre sur les 2 problématiques qui pourrissent littéralement la vie de ses habitants.

 

Premièrement, l’État belge était condamné à faire cesser les violations manifestes à l’arrêté Bruit consécutives à l’utilisation de la piste 01 entre 23h00 et 7h00 du matin. Dans cette tranche horaire, plus de 90% des atterrissages violent les normes de bruit au beau milieu de la nuit ! L’État devait communiquer, dans les 4 mois suivant le jugement, les mesures qu’il comptait prendre dans ce sens. À ce jour : rien.

 

Deuxièmement, l’État belge était également condamné à réaliser une étude d’incidences ayant pour but d’objectiver, de manière scientifique, indépendante et transparente, la conséquence de toute l’activité de l’aéroport au regard des nuisances sonores engendrées. C’était, pour la commune de Woluwe-Saint-Pierre, l’espoir de mettre en évidence le caractère infernal du survol trop intense de son territoire par les avions qui décollent depuis la piste 25 droite sur le virage dit « gauche court », soit près de 50% de tous les décollages au départ de l’aéroport. Elle attend également de cette étude qu’elle démontre qu’il existe encore de trop nombreux avions qui utilisent le virage « gauche long » pourtant interdit depuis la cessation du 31 juillet 2014. Le rapport final de cette étude aurait dû être communiqué 12 mois après le jugement de juillet 2017. Le bureau chargé de la réaliser n’a été désigné qu’il y a 1 mois. Le manque de volonté manifeste de l’État belge à vouloir réaliser cette étude, qui n’aura d’autre finalité que de mettre en évidence que le point le plus survolé du pays est aussi le plus dense : sa capitale, est une insulte aux Bruxellois.

 

Comme le souligne la Région, 11 mois après le jugement de l’été dernier absolument rien n’a été entrepris par l’État fédéral pour ne serait-ce que tenter de diminuer les nuisances subies par les Bruxellois à cause de l’exploitation de l’aéroport de Bruxelles National. Les gens ne comprennent pas que dans un état de droit, les décisions de justice puissent à ce point être bafouées. La commune regrette cette situation mais se réjouit de la procédure que la Région entreprend afin de mettre l’État fédéral face ses responsabilités en le condamnant à payer des astreintes élevées et s’y associe évidemment le plus étroitement possible. Bruxelles ne peut demeurer la poubelle du ciel, et c’est encore plus vrai pour Woluwe-Saint-Pierre qui est de loin la commune de la capitale la plus survolée, avec un décollage sur deux et un atterrissage sur six, dont de nombreux en pleine nuit.

 

Dans le cadre de ce nouveau volet judiciaire, la commune exige en outre de l’État fédéral une clarification des normes de vent afin que soit respecté le principe d’utilisation de la piste 01 à titre exclusivement subsidiaire et l’application d’une nuit environnementale européenne entre 22.00 et 07.00 heures sans aucun avion.